Addiction

 Ce terme vient du vieux français.

On le trouve encore dans certains dictionnaires du siècle dernier, il vient du droit romain et désignait:

 "la translation de la propriété par voie d'adjudication".

Etymologiquement, il signifie "ad :

                                                     vers", "diction" "dire,dicta".

                        Il désigne donc un ordre,  une contrainte vers... 

L'addiction est, au sens courant, une dépendance à une drogue. Au sens phénoménologique, c'est une conduite qui repose sur une envie répétée et irrépressible, en dépit de la motivation et des efforts du sujet pour s'y soustraire. Le sujet se livre à des addictions malgré la conscience aiguë qu'il a le plus souvent d'abus et de perte de sa liberté d'action, ou de leur éventualité.

Après un détour par l'anglais, ce terme est utilisé depuis quelques années comme équivalent du mot dépendance voire de la toxicomanie. Un terme français correct serait « assuétude ».

Les problèmes engendrés par une addiction peuvent être d'ordre physique, psychologique, relationnel, familial, et social. La dégradation progressive et continue à tous ces niveaux rend le retour à un comportement contrôlé de plus en plus problématique.

En psychanalyse, le terme d'addiction est utilisé de manière plus large dans la mesure où il relève plus d'une attitude intrapsychique, d'un mécanisme, plutôt que des moyens pour y satisfaire. Des mécanismes parallèles peuvent intervenir dans les déterminants comme celui d'une anorexie mentale.

L'addiction se rapporte autant à des conduites telles que le « jeu compulsif », les conduites à risques ou la pratique d'exercices sportifs inadaptés entraînant un syndrome de surentraînement qu'à la dépendance à des produits comme l'alcool, le tabac ou les psychotropes.


Critères d'addiction

Ils sont nombreux et varient autant que les points de vue et références théoriques qui les sous-tendent. Mais la plupart d'entre eux sont construit sur le modèle dit « Bio-Psycho-Social » qui renvoit aux aspects biologiques (potentiel addictogène du produit, éventuel antécédent génétique), aux aspects sociologiques (contexte, environnement familial, scolaire, etc.) et aux aspects psychologiques (personnalité du sujet).

Par exemple, et selon le modèle mécaniciste d'Aviel Goodman, psychiatre américain on décrit :

  • Impossibilité de résister à l'impulsion de passage à l'acte.
  • Sensation croissante de tension précédant immédiatement le début du comportement.
  • Soulagement ou plaisir durant la période.
  • Perte de contrôle dès le début de la crise.

  • Présence d'au moins cinq des neuf critères suivants :

  • Monopolisation de la pensée par le projet de comportement addictif.
  • Intensité et durée des épisodes plus importants que souhaités à l'origine.
  • Tentatives répétées pour réduire, contrôler ou abandonner le comportement.
  • Temps important consacré à préparer les épisodes, à les entreprendre ou à s'en remettre.
  • L'engagement dans le comportement est tel que la personne ne peut plus accomplir des gestes élémentaires (se laver, se nourrir) et le conduit vers un désinvestissement social, professionnel et familial.
  • Survenue fréquente des épisodes lorsque le sujet doit accomplir des obligations professionnelles, familiales ou sociales.
  • Poursuite du comportement malgré l'aggravation des problèmes sociaux et en dépit de la connaissance des conséquences négatives.
  • Tolérance marquée, c'est-à-dire besoin d'augmenter l'intensité ou la fréquence pour obtenir l'effet désiré, ou diminution de l'effet procuré par un comportement de même intensité.
  • Agitation, irritabilité et surtout angoisse si le passage à l'acte addictif est différé, empêché.