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Historique du SAF
L’Ancien Testament relate en ces termes, l’avertissement donné par l’ange à la future mère de Samson : «Désormais prends bien garde ! Ne bois ni vin, ni boisson fermentée, car tu vas concevoir et tu enfanteras un fils».
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En 1834, soit plus d’un siècle plus tard, la Chambre des Communes répondra en rendant public un rapport intitulé dans lequel il est reconnu que : «les mères alcooliques tendent à mettre au monde des bébés qui semblent mal nourris malingres et difformes».
En 1865, en France, le Dr Lancer rapporte avoir observé que : « les enfants de parents alcooliques, lorsqu’ils ne décèdent pas en bas-âge, présentent des caractéristiques crâno-faciales et comportementales particulières ».
Vers 1899, le Dr William Sullivan, de Liverpool, met en évidence que l’alcool a des effets tératogènes sur le fœtus en étudiant les grossesses de détenues alcooliques de la prison où il travaille comme médecin ; il constate que le taux de fausses couches et de décès d’enfants est deux fois et demi plus élevé que dans le reste de la population.
Sa découverte est donc révolutionnaire par rapport aux idées de l’époque et marque véritablement le début des connaissances scientifiques en matière d’alcoolisation fœtale.
En 1900, le biochimiste français Maurice Nicloux, publie les conclusions de son rapport dans la revue Obstétrique : « Nous savons que la concentration d’alcool dans le sang du fœtus est égal au taux d’alcoolémie de la mère ». Certaines recherches ont, depuis, démontré qu’elle peut être légèrement plus élevée.
A cette époque, on peut aussi se référer aux travaux de J.-W. Ballantyne qui fut le premier à ouvrir une clinique pour le suivi des grossesses, et de T.-A.Mac Nicholl qui signe un article sur les effets de l’alcool consommé par la mère chez les enfants d’âge scolaire.
En1929, un chercheur suisse étudie les enfants de pères et mères alcooliques ; il en arrive aux même conclusions que Sullivan et Ballantyne quant aux mères, mais il établit que celles-ci ne se produisent pas dans le cas de pères alcooliques. On commence donc à établir que c’est la consommation maternelle qui est en cause.
En 1957, la psychiatre J. Rouquette décrit dans sa thèse certains traits morphologiques et caractériels observables chez les enfants de mères alcooliques.
En 1968, les hôpitaux et pouponnières départementales hébergent les nouveau-nés et nourrissons issus de familles alcooliques.
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Paul Lemoine, un précurseur
Paul Lemoine, médecin des hôpitaux, analyse les généalogies, suit la croissance, étudie les comportements et photographie ces enfants (que l’on appellera «Les Petits Lemoine »). Il acquiert la conviction que ces sujets présentent un ensemble d’anomalies identiques d’un enfant à l’autre. Selon lui, le visage est si caractéristique «qu’il permet d’affirmer sans connaissance de l’état de la mère que celle-ci est alcoolique». Le retard de croissance est habituel. Les malformations sont surtout cardiaques et osseuses. Le retard intellectuel est sévère et s’accompagne d’un comportement très particulier. |
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Il rédige ses observations recueillies sur une cohorte de 127 enfants, et présente sa recherche à la filiale nantaise de la Société française de pédiatrie. Celle-ci l’accueille avec scepticisme. Son travail ne sera accepté pour publication que dans la revue locale L’Ouest Médical. |
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