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L'alcool et les séniors La santé de nos aînés et des risques de consommation excessive d’alcool
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A tout âge cela vaut la peine de réagir à un problème d'alcool
Le retrait de la vie active peut provoquer chez certains, un sentiment d’inutilité qui risque d’entraîner des symptômes d’anxiété, voire de dépression.
L’arrêt brutal de la vie active, l’ennui, la solitude, la perte d’autonomie, le bouleversement des conditions de vie, le décès du conjoint ou d’un proche sont autant de raisons qui peuvent être à l’origine du recours aux médicaments et souvent à un dangereux mélange alcool/médicaments.
Cependant une consommation combinée et régulière de ces substances risque d’entraîner rapidement une dépendance, compte tenu de la satisfaction apparente immédiate qu’elles procurent.
Les abus restent cependant surtout liés à une méconnaissance des effets plus qu’à la volonté délibérée de fuir la réalité.
Le problème est que cette addiction est parfois difficile à déceler dans la mesure où les personnes âgées restent seules une grande partie du temps et qu’elles ne réclament aucune aide. Il est donc difficile de diagnostiquer certains comportements particuliers, voire étranges, qui permettraient de détecter ces accoutumances. De plus, il est fréquent que l’on confonde ces comportements d’addiction avec certains autres signes que l’on attribue à tort à d’autres maux habituels dus à l’âge de ces personnes.
Mais la consommation excessive d'alcool est fréquente chez les séniors avec le plus souvent des effets graves sur leur santé. Dans un article récent publié dans la revue ''Gérontologie et société'' sur le sujet, le Docteur Michaud estime que ''une dépendance tardive qui débute vers la soixantaine est assimilable à une alcoolisation aigüe dont les conséquences peuvent être dramatiques''.
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Constat
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Jusque dans les années 1950, les personnes de plus de 60 ans ne représentaient que 7% de la population. En 2005 cette proportion était de 21 % et devrait passer à 30,6 % en 2035, à et à 31,9 % en 2050. Cette augmentation entraînera une hausse de la demande pour les services sociaux et de santé due notamment au nombre croissant de personnes âgées consommant de l'alcool et d'aînés ayant des problèmes liés à la consommation d'alcool.
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La consommation chez les personnes âgées
Pour établir un portrait des pratiques chez les personnes âgées, il faudrait savoir si les modes de consommation des aînés se sont modifiés au cours de leur vie active. |
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En fonction de l'âge
Contrairement aux générations différentes, les baby-boomers ont grandi dans une culture de grande adaptation sociale de la consommation d'alcool. La proportion de personnes âgées consommant beaucoup et même trop d'alcool pourrait ainsi augmenter au cours des prochaines années.
On observe en effet des changements de comportement selon les différents groupes d'âge. Habituellement, plus les personnes sont âgées, plus la proportion de buveurs et de consommateurs abusifs diminue. Par exemple, en 2005 18 % des 55/64 ans disent avoir dépassé le seuil recommandé par les directives de consommation de l'OMS, alors que ce pourcentage baisse à 11 % chez les 65/74 ans.
En fonction du genre
En ce qui a trait à la consommation abusive, 15,7 % des aînés disent consommer plus de 14 verres par semaine alors que ce pourcentage est de 3,8 % chez les femmes âgées.
Par contre, entre 1987 et 1998, ce sont les femmes de 45 à 64 ans qui ont enregistré la plus forte augmentation du nombre moyen de verres consommés par occasion. La consommation des femmes âgées pourrait ainsi changer au cours des prochaines années.
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En fonction du statut socio-économique
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On observe une plus grande proportion de buveurs consommant plus de 14 verres par semaine chez ceux qui ont un revenu supérieur. Il semble bien y avoir un lien entre le revenu élevé et la consommation d’alcool. On pourrait donc assister au cours des prochaines années à une hausse de la consommation d’alcool chez les personnes âgées, car les baby-boomers atteindront la soixantaine en ayant un revenu plus élevé que n’importe quelle autre génération.
En fonction du statut matrimonial et de résidence
Les enquêtes déjà mentionnées contiennent des données sur les pratiques de consommation selon le statut matrimonial et les modalités de résidence. Malheureusement, ces données ne sont pas analysées en fonction des différents groupes d’âge. Il est donc impossible de tirer des conclusions sur la consommation des aînés, qu’ils soient mariés, divorcés, veufs, vivant seuls ou non.
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Le dépistage des problèmes de consommation
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Plusieurs experts pensent que le nombre des aînés ayant des problèmes d’alcool est probablement beaucoup plus élevé que ce qu’indiquent les recherches. Si on semble sous-estimer ou ne pas avoir connaissance du nombre réel de personnes ayant des problèmes liés à la consommation abusive d’alcool pour tous les groupes d’âges, ce serait d’autant plus vrai pour les personnes âgées.
Difficile identification des problèmes de consommation
Autant les membres de la famille, les proches, les amis, les professionnels de la santé ont des difficultés à identifier les problèmes de consommation d’alcool chez les personnes âgées, autant ils ont tendance à vouloir protéger la personne étant donné son âge s’ils diagnostiquent ce problème.
Les conséquences d’une consommation abusive d’alcool
Dégradation de l’état de santé, repli sur soi, pertes de mémoire, dépression, insomnie, chutes, problèmes de digestion, perte d’appétit et angoisses sont parfois diagnostiquées comme étant les conséquences d’une maladie ou tout simplement du vieillissement.
Instruments de dépistage inadéquats
On questionne la fiabilité des outils de dépistage généralement utilisés pour identifier les problèmes d’alcool chez les aînés. En effet, ces outils tendent à mettre l’accent sur la consommation d’alcool actuelle alors que, chez les personnes âgées, il est essentiel d’avoir une idée précise de leur consommation d’alcool tout au long de leur vie.
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La consommation abusive ou dangereuse
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Les facteurs de risque de la consommation abusive
Encore très peu d’enquêtes permettent d’identifier les facteurs associés à la consommation abusive, elles ne permettent pas de savoir pourquoi certaines personnes âgées boivent de façon abusive. Elles ne permettent pas non plus de distinguer les aînés qui ont ces problèmes depuis longtemps de ceux qui développent ces problèmes après l’âge de 60 ans.
On estime que, parmi les personnes âgées ayant un problème de consommation, un tiers l’a développé après l’âge de 60 ans, souvent à la suite de difficultés d’adaptation à des événements sociaux difficiles.
Des changements sur les plans du travail, des relations familiales et de la santé peuvent entraîner des problèmes d’alcool chez les personnes âgées. Ces changements, le plus souvent liés à une perte, vont engendrer une douleur émotionnelle ou physique.
Les conséquences d'un consommation abusive d'alcool
Des gens de tout âge vivent des pertes, mais, chez les personnes âgées, ces pertes sont souvent irréversibles et peuvent être cumulatives. La consommation d'alcool peut alors être perçue comme une compensation à ces pertes qui sont vécues comme un deuil ou un stress, avec une sentiment d'impuissance ou d'inutilité.
Pour la grande majorité des aînés, ces évènements n'entrainent pas d problèmes d'alcool et peuvent même contribuer à une réduction de la consommation, mais, pour d'autres, ils sont d'importants facteurs de risque de consommation.
Les facteurs de risque de la consommation dangereuse
Un important facteur de risque de la consommation dangereuse chez les personnes âgées - quasi exclusif d'ailleurs aux aînés - est la concurrence de la consommation d'alcool et de médicaments. le processus normal de vieillissement implique aussi des changements physiologiques qui augmentent la vulnérabilité des personnes âgées à l'alcool et les rend plus susceptibles d'avoir une consommation dangereuse.
| Alcool et médicaments
Environ 75 % des aînés prennent au moins un médicament d'ordonnance. La polypharmacie est plutôt généralisée |
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La consommation abusive ou dangereuse
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Un manque d’information, une fausse interprétation ou un mauvais usage de l’information sont d’importants facteurs de risque de la consommation dangereuse d’alcool, dus à la poly-consommation alcool et de médicaments.
Ces facteurs de risque sont principalement dus à des problèmes de communication entre patient et médecin.
Les aînés peuvent cacher à leur médecin d’importantes informations, pensant que leurs problèmes sont le résultat normal du vieillissement. Ils prennent pour acquis qu’il n’existe pas de remède ou de traitement. Ils ne connaissent pas les causes liées à leurs symptômes ou bien, tout simplement, ils ne veulent ou n’osent pas en parler à leur médecin.
On observe que, même si les aînés se présentent chez le médecin avec davantage de problèmes que les autres patients et prennent plus de temps à donner et à recevoir de l’information, la durée d’une consultation tend à diminuer chez les personnes âgées. Les médecins sont aussi portés à prescrire spontanément plus de médicaments aux aînés qu’à leurs patients plus jeunes.
Vulnérabilité physiologique
On observe qu’en vieillissant, le pourcentage de gras dans l’organisme augmente alors que la quantité d’eau diminue et aussi une réduction de l’efficacité des enzymes responsables de l’élimination de l’alcool par le métabolisme hépatique (alcool déshydrogénase).