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Même très jeune l’enfant ressent les tensions et en souffre sans en comprendre objectivement la cause. Il est souvent livré à lui-même et il doit souvent effectuer des tâches qui ne sont pas de son âge : s’occuper de ses frères et sœurs, assumer des responsabilités à la place du parent alcoolique et du conjoint dépassé, prendre le rôle d’un parent.
Il s’investit souvent par la force des évènements dans une mission de surveillance du parent malade ou est parfois chargé par l’autre parent de la contrôler. L’enfant est témoin, parfois victime, de scènes de violences verbales, voire physiques. Il vit en permanence dans la crainte des conflits, mais aussi dans la peur de ne plus être aimé, l’appréhension de perdre son parent malade ou d’être abandonné par l’autre parent.
Il s’efforce de tout faire pour éviter de provoquer des scènes, se sentant souvent, à tort, responsable de certaines consommations. « Si je travaillais mieux à l’école, tout irait mieux ! si je n’avais pas refusé de rendre tel ou tel service, rien ne se serait passé ».
A la maison, tout se vit dans l’insécurité, l’instabilité, au jour le jour et souvent dans l’urgence.
Les promesses sont rarement tenues, les avis changent, les limitent fluctuent. Tout s’organise autour des consommations ou des non-consommations. On ne peut rien prévoir et, ne sachant jamais ce qui va se passer à la maison, l’enfant n’ose plus inviter ses camarades, ni faire des projets avec eux. Il vit dans la honte et la culpabilité et essaie de cacher tout cela par loyauté vis-à-vis de son parent malade et sa famille.
L’enfant est sans cesse confronté à des comportements imprévisibles, à des punitions ou des récompenses arbitraires. Entre les humeurs fluctuantes de ses parents et de ses propres émotions le jeune ne sait plus où il en est : il est déchiré entre colère et déception, amour et haine. Il vit au quotidien soucis et stress.
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D’autres évènements peuvent s’ajouter et il est plus souvent que les autres enfants, confrontés à des disputes entre ses parents ou leur séparation, voire instance de divorce, ce qui impliquent d’autres changements comme déménagements, changements d’école. De plus l’enfant doit parfois s’interposer dans un conflit, prendre la défense de l’alcoolique ou celle de l’autre parent, devenir confident et/ou soutien de l’un ou de l’autre selon les circonstances.
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Il se sent responsable de la situation, mais impuissant, il n’ose rien dire. Pour lui, il est douloureux de supporter les comportements aberrants, les propos incohérents, les excès en tout genre, et à cela s’ajoute la crainte que les autres personnes, hors de la famille, se rendent compte de la situation, il redoute d’être rejeté ou pris en pitié.
Dans ces conditions ces enfants ou adolescents présentent souvent un important déficit de l’estime de soi, un déni de leurs propres besoins et de leurs émotions, des doutes sur leurs capacités, des difficultés de communication, de devoir faire des choix, la peur de l’échec, sans oublier le risque pour eux de développer ultérieurement eux-mêmes plus tard des problèmes de consommation ce qui se vérifie chez les enfant souffrant de troubles alimentaires en lien avec la dépendance de leur parent malade.
Ces enfants en situation de détresse montrent des troubles de sommeil, des difficultés de concentration, de l’hyperactivité, quelquefois des retards de croissance, des dépressions, des troubles du comportement et souvent des problèmes dans leur scolarité.
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