|
L’ACCOMPAGNEMENT SYSTEMIQUE
|
![]() |
S’offrir du bon temps, suivre ses envies et ses désirs deviennent missions impossibles, par manque de temps, parce-que on a plus l’énergie pour sortir et aussi parce-que on a peur qu’une catastrophe se produise en notre absence. Alors peu à peu s’installent solitude, épuisement, désespoir et le sentiment d’avoir raté quelque chose et de ne plus pouvoir rien changer.
![]() |
Que faire pour bien faire ?
|
Parallèlement à la progression de l’alcoolisation s’installe un processus que l’on appelle codépendance.
C’est une suite d’attitudes et de réactions qu l’on adopte pour aider le partenaire mais qui finalement épuise sans pour autant que la situation ne s’améliore de façon durable. Pour être en mesure d’aider l’autre il est nécessaire de comprendre ce processus.
Protéger et excuser
« Il a beaucoup de travail », « beaucoup de soucis », « ses amis l’entraînent à boire », « il ne sait pas dire non », et bien souvent nous lui cherchons des excuses ou des raisons pour expliquer pourquoi il boit trop. Bien souvent aussi nous assumons les responsabilités à sa place pour lui éviter des soucis ou parce-que il n’est plus en mesure de les assumer.
|
Une autre stratégie : contrôler et accuser
|
![]() |
Nous perdons peu à peu notre confiance en lui et en nous-mêmes, ainsi qu’en notre capacité à l’aider et à l’empêcher de boire. C’est alors que surviennent les disputes, les colères «éclatent de plus en plussouvent, colères contre lui-même, contre l’alcool, contre nous, contre ceux qui boivent avec lui, contre ceux qui voient son problème et ne disent plus rien.
![]() |
Lorsque la situation est devenue insupportable et que toutes nos initiatives pour essayer de le (ou la) faire arrêter de boire ont échouées nous laissons alors libre cours aux reproches. C’est à cause de lui (ou elle) que tout va mal, et c’est lui (ou elle) qui nous rend malheureux il doit arrêter de boire sinon il (ou elle) sera responsable des conséquences, de notre souhait de séparation, voire de divorce !
|
Que faire, quel comportement adopter ?
Plutôt que de désespérer le (ou la) voir changer, si MOI je change quelque chose, cela aura forcément une influence sur son comportement. Mais que changer ?
• Accepter que je ne peux pas arrêter de boire à sa place, ni même me faire soigner à sa place.
• Considérer objectivement que je ne peux changer que moi-même.
• Réapprendre à répondre à mes besoins et mes envies : faire ce qui me fait plaisir, rencontrer les personnes que j’aime, prendre du temps pour m’occuper de moi.
• Me rassurer, je ne dois pas me sentir coupable, il ne boit pas à cause de moi, il boit parce-que il est malade de l’alcool et que c’est la seule raison de son comportement.
• Je peux et je dois me poser des limites pour ne plus souffrir pareillement de ce problème d’alcool.
• Je ne dois plus tout assumer ni tout faire à sa place. Je dois chercher de l’aide pour moi-même pour soulager ma souffrance et m’aider dans ma démarche.
• Me rassurer, je ne dois pas me sentir coupable, il ne boit pas à cause de moi, il boit parce-que il est malade de l’alcool et que c’est la seule raison de son comportement.
|
Où rechercher de l’aide ?
|
![]() |
• On peut être malade de l'alcool sans jamais avoir consommé, c'est le «mal de voir boire».
• Lui apprendre à prendre du recul, à ne pas culpabiliser d'une situation dont il n'est pas responsable, l'aider à redonner un sens à sa vie pour le maintien de l'équilibre de la cellule familiale et de son couple.
LA CHARTE ENTOURAGE
Ceux qui entourent la personne malade, dépendante de l'alcool, conjoints, enfants, familiers,
proches, amis, collègues, employeurs (chacun d'entre eux peut être à un moment concernés).
• Le co-dépendant dans son isolement ressent un sentiment d'impuissance, de honte, de culpabilité, de souffrance. Il convient de lui ouvrir nos portes, de lui réserver, comme on le fait pour le malade, un accueil chaleureux, lui permettant d'extérioriser son propre mal-être.
• L’entourage ne comprend pas la situation, par méconnaissance. Il doit être informé de tout ce qu'il ne sait pas sur l'alcool et les phénomènes d'alcoolisation progressive qui conduisent insidieusement à la dépendance.
• l'entourage doit être informé de tout ce qu'il ne sait pas et ne peut comprendre de l'alcool et de l'alcoolisation. Il faut qu'il apprenne et accepte la progressivité de l'intoxication et le processus de dépendance.
• Il convient de lui faire chasser les contre-vérités sur le vice de boire, le manque de volonté pour lui permettre de dédramatiser sa relation à l'être cher et lui apprendre à le regarder comme un malade et non comme un coupable.
• L'entourage doit reprendre espoir en sachant que la maladie de l'alcool n'est pas un fatalité mais se soigne.
• Il faut lui donner cet espoir et l'associer au projet. Il est recommandé qu'il soit acteur de l'accompagnement psychologique à long terme.
• L'association doit lui faire sa place au sein de ses groupes spécifiques mais aussi dans les groupes de lieu d’accueil pour faire le ré-apprentissage de la vie collective, si longtemps interrompue.
• Les animateurs(trices) des groupes "Entourage" sont là pour préparer et accompagner les co-dépendants à anticiper les meilleures conditions psychologiques et matérielles de la reprise de la vie familiale pour que le nouvel abstinent retrouve rapidement sa place.