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L’ACCOMPAGNEMENT SYSTEMIQUE
Quand l’alcoolisme s’installe dans la famille
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Ce scénario est alors appelé à se répéter ‘’ indéfiniment ’’ en creusant un sillon de plus en plus profond dont, à terme, il sera difficile de sortir OU, par le développement d’une stratégie d’affrontement de la situation, qui finira par s’interrompre en proposant une voie de sortie vers la guérison.
L’ENTOURAGE DU MALADE ALCOOLIQUE
L’alcoolisme génère toujours autour de lui culpabilité, honte, repli sur soi, enfermement.
On oublie également que c’est très souvent cet entourage qui a introduit le malade dans les circuits de guérison en prenant contact le premier avec le corps médical ou avec les associations d’anciens buveurs et que, si on voulait bien l’informer et l’aider lui-même, il deviendrait en mesure de les seconder, à leur demande éventuelle, pour le plus grand bien du malade, au moins tant qu’il ne peut lui-même se prendre en charge lui-même.
Mais qui parle de l’entourage ?
Mais qui parle des problèmes qui se posent à l’entourage des malades alcooliques ?
Le sujet reste tabou, ignoré : méprisé. Et l’entourage se tait –se cache souvent– souffre et commet des erreurs faute d’information et de compréhension, faute d’un minimum de sollicitude à son égard (mise à part les mouvements d’entraide).
Qui est cet entourage, ces personnes vivant avec un malade alcoolique ( conjoints, et enfants dans la majeure partie des cas). Ou affectivement étroitement impliquées dans son alcoolisme ( comme les parents ou les enfants adultes).
Mille bonnes raisons de s’occuper de l’entourage ?
On chiffre à 4 ou 5 millions le nombre de buveurs excessif en France. Chacun d’entre eux vit en moyenne avec un minimum de 2 à 3 personnes.
En se basant sur ces données, un minimum de 8 millions de personnes (si ce n’est pas 10 millions) vivent étroitement liées –donc perturbées– avec un buveur excessif.
Huit à dix millions de français en souffrance ou en danger : 1 sur 6 ou 7 environ !
Quel fléau, quelle épidémie menace autant de personnes en France ?
Si l’on considère en particulier les quelques millions d’enfants qui vivent au sein de familles où sévit l’abus d’alcool et les séquelles prévisibles des traumatismes psychologiques qu’ils subissent, de leur éducation faussée, de leur formation psychique atrophiée ;
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Si l’on se penche sur la souffrance d’innocents qui ne reçoivent pas le bonheur auquel ils ont droit ;
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N’y a-t-il pas là un fléau national ? |
| Enfin, de ne pas désensibiliser un entourage traumatisé – donc à son tour généralement traumatisant – c’est exposer le malade alcoolique à des difficultés d’abstinence, voire à la réalcoolisation. |
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La maladie de l’entourage
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L’espoir en un ptojet de vie que chacun de nous caresse plus ou moins consciemment au fond de lui-même, tout espoir s’amenuise et disparaît. Alternance de colères ou révoltes et d’abattements profonds. De soumisson inconsciente même à la longue dans la mesure où les proches entrent dans une codépendance de caractère manifestement obsessionnel : ils ne vivent plus leur projet de vie propre ou le projet de vie initial mais, sans même en avoir conscience, subsistent au rythme des fluctuations alcooliques du malade, ne pensant plus qu’à cela, avec de temps en temps des sursauts de réactions paroxystiques. Le proche d’un alcoolique oublie peu à peu qui il est dans vérité personnelle, quelles sont ses valeurs. Il subit parfois même une certaine destructuration de sa personnalité, dont des séquelles se retrouvent éventuellement après cessation de l’épreuve, à l’abstinence du malade.
A ces troubles généraux de l’entourage s’ajoute, pour les enfants, la dysformation psychique évoquée plus haut.
Sur le plan physiologique, c’est un ballet de toutes les sommations possibles qui peu à peu, s’installeront et se développeront dans chronicité : colites, maux de dos, ulcères, maux de tête, vertiges, phobies diverses, angoisses diffuses, chutes de tension artérielles, sensations subites d’épuisement, décompensation de spasmophilie, etc.
Sur le plan social, vivant les problèmes d’alcoolisation de sa famille dans la honte, l’angoisse et la culpabilité, l’entourage s’éloigne se ses proches, cache ses problèmes à l’extérieur et, à cette fin, distend ses relations sociales. (On ne reçoit plus, donc on n’est plus reçu). La tension intérieure absorbe toute l’énergie l’entourage et il tend à s’introvertir.
C’est l’enfermement, la rupture sociale. L’alcoolisme est toujours porteur de non communication.
Les décisions prises, – s’il n’y a pas de codépendance totale – tendent à devenir excessives irraisonnées, hors des normes sociales à la limite. A cela s’ajoute souvent une déstructuration de la famille par tensions entre divers membres de l’entourage. Cet entourage est composé la plupart du temps de plusieurs personnes vivant au sein d’une famille alcoolisée fonctionnant comme un ‘’système’’ pratiquement clos.
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Comment la maladie de l’entourage peut-elle advenir ? |
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Il y a deux éléments absolument spécifiques :
• L’alcoolique, ignorant sa détresse et son obsession compulsive :
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• Mais plus encore, le cancer qui ronge l e psychisme de l’entourage est l’ambivalence constante de situations qu’il vit. Aimer et haïr le haïssable, se défendre et ne pas trop blesser, juger l’autre sévèrement et pourtant culpabiliser ! il/elle, ivre hurle et semble ‘’agressé’’; dans l’instant je le hais mais cette voix, ce corps, ce geste habituel, les-ai-je tant aimés ! et je le revis. C’en est trop, je le/la quitte, mais que va-t-il/elle devenir cet être que j’ai choisi par amour ? on ne peut plus ni aimer ni haïr; ni juger ni être en paix. Ambivalence, ambivalence toujours. |
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