Alcool & le cancer
Boissons alcoolisées et risque de cancers
Exposition en France
En France, la consommation d’alcool diminue depuis les années 1960. En 2006, la consommation est estimée à 12,9 litres d’alcool pur par habitant de 15 ans et plus. La boisson alcoolisée la plus couramment consommée est le vin.
Cette consommation reste cependant encore l’une des plus élevées au monde (sixième rang mondial) et en Europe (quatrième rang européen) (WHO, 2004).

Épidémiologie
Une relation dose-effet significative a été mise en évidence.

L’augmentation de risque est significative dès une consommation moyenne d’un verre par jour. De plus, l’effet dépend de la quantité totale consommée et non du type de boisson alcoolisée.
Conclusions
La consommation de boissons alcoolisées augmente le risque de plusieurs cancers (de 9 à 168 % par verre consommé par jour, selon les localisations).
Le risque augmente avec la quantité totale d’alcool consommée.
L’augmentation est significative dès une consommation moyenne d’un verre par jour, qu’elle soit quotidienne ou concentrée sur certains jours de la semaine.
Quel que soit le type de boisson alcoolisée, il existe un risque. Étant donné la consommation élevée de boissons alcoolisées en France il est important d’inciter les consommateurs à réduire leur consommation et de prendre en charge les buveurs dépendants.
Recommandations
> En matière de prévention des cancers, la consommation d’alcool est déconseillée, quel que soit le type de boisson alcoolisée (vin, bière, spiritueux…).
> Il convient de ne pas inciter les personnes abstinentes à une consommation d’alcool régulière, même modérée, car toute consommation d’alcool régulière est à risque.
> En cas de consommation d’alcool, afin de réduire le risque de cancers, il est conseillé de limiter la consommation autant que possible, tant en termes de quantités consommées que de fréquence de consommation. En cas de difficulté, envisager un accompagnement et éventuellement une prise en charge.
> Les enfants et les femmes enceintes ne doivent pas consommer de boissons alcoolisées.
Interaction avec d’autres facteurs
La consommation de boissons alcoolisées interagit avec d’autres facteurs de risque tels que le tabac, ainsi qu’avec certains polymorphismes génétiques (INCa, 2007).
Cancérogénicité chez l’homme
Les boissons alcoolisées ont récemment été classées par le Centre international de recherche sur le cancer dans le groupe des agents cancérogènes pour l’homme (Baan et al., 2007).
Étant donné la consommation élevée de boissons alcoolisées en France il est important d’inciter les consommateurs à réduire leur consommation et de prendre en charge les buveurs dépendants.
Fractions des cancers et des décès par cancers attribuables à la consommation d’alcool
En 2007, la fraction des cancers attribuables à la consommation d’alcool en France a été estimée à 10,8 % chez l’homme et à 4,5 % chez la femme pour l’année 2000 (IARC, 2007). Selon ce même rapport, la consommation de boissons alcoolisées est la deuxième cause évitable de mortalité par cancers, après le tabac.
Les signes d'alerte
Les signes d’alerte sont nombreux et dépendent de la localisation du cancer :
- une gêne persistante à la déglutition (dysphagie) ;
- une plaie dans la bouche, qui ne guérit pas ;
- des picotements ou des douleurs persistants dans la bouche ou dans la gorge ;
- un ganglion qui grossit dans le cou (adénopathie cervicale) ;
- des lésions blanchâtres et/ou rougeâtres dans la bouche, persistantes, sans cause précisément définie ;
- des saignements dans la bouche ;
- une difficulté et/ou une douleur lors de la traction de la langue ;
- un trouble de la voix qui altère la parole, qui rend difficile le fait de parler ou émettre des sons. La voix apparaît alors trop grave ou trop aigüe, rauque, enrouée voire éteinte;
- une difficulté à respirer, une perception anormale et désagréable de sa respiration (dyspnée);
De façon générale, tout symptôme persistant plus de 15 jours doit amener à consulter.
Le diagnostic précoce
Le chirurgien dentiste, acteur de la lutte contre le cancer
Pour maîtriser l’évolution des tumeurs et augmenter le taux de survie, les lésions potentiellement suspectes, précurseurs du cancer, doivent être dépistées au plus tôt. Ce diagnostic précoce réduit de façon appréciable les séquelles anatomiques et fonctionnelles et améliore la qualité de vie des patients. Le chirurgien dentiste joue un rôle décisif. En effet, 40 000 praticiens croisent en moyenne un demi million de patients par jour en consultation. L’examen de leur bouche est l’opportunité de détecter ce type de lésions.
Toute personne ayant un facteur de risque – tabac, éthylisme – doit se soumettre à un dépistage ORL tous les ans.
Le taux de survie à 5 ans varie considérablement d'un cancer à l'autre, et pour une "bonne localisation" telle que le cancer du larynx, on peut passer de 90 % à 30 % si l'on perd un an sur la mise en œuvre du traitement. La surveillance est fondamentale après traitement d'un cancer des voies aérodigestives supérieures (VADS) car une deuxième localisation est toujours possible qui pourra, elle aussi, guérir si on la traite précocement.
