Une mission de réflexion sur le nouveau Plan cancer
Le président de la République souhaite lancer un nouveau plan de lutte contre le cancer et a confié, en octobre dernier, au professeur Jean-Pierre Grünfeld la mission d´élaborer des recommandations pour ce futur plan. Il prendra la tête d´une commission composée de personnalités issues de la recherche, du système de santé, du secteur médico-social, des associations de patients et de l´entreprise.
Le précédent Plan (2003-2007) a déjà permis des «avancées significatives en matière de prévention et de qualité des soins», constate Nicolas Sarkozy dans sa lettre au professeur Grünfeld, mais de nouvelles priorités doivent désormais être développées, précise-t-il. La première : «La France doit tenir le rang qui est le sien dans la recherche d´excellence sur le cancer», estime le président, qui déplore que la position française dans ce domaine se soit «fragilisée» au cours des dernières années et appelle à une meilleure articulation entre l´Institut national de la santé (Inserm) et l´Institut du cancer (INCa).
La surveillance du risque de cancer devra également être renforcée, demande Nicolas Sarkozy. «Nous devons disposer de données plus fines et plus rapidement accessibles sur les évolutions de l´épidémiologie, explique-t-il. Le cas des cancers susceptibles d´avoir une origine infectieuse doit être étudié avec attention.»
Le nouveau Plan cancer misera sur des actions de prévention «intensifiées» : en poursuivant la lutte contre les facteurs de risque connus (tabac, alcool), mais aussi grâce à l´identification d´«autres facteurs de risque, en particulier ceux liés à l´environnement, comme l´exposition aux carcinogènes professionnels». Le président propose notamment que le modèle des campagnes de dépistage du cancer du sein et du cancer colorectal soit appliqué à d´autres formes de la maladie.
En matière d´accès aux soins, la mission devra réfléchir aux moyens de corriger les «inégalités d´accès à l´innovation médicale et technique» et aux possibilités de garantir la qualité et la sécurité des traitements, «en particulier dans le domaine de la radiothérapie». Enfin, le professeur Grünfeld travaillera sur l´amélioration de la prise en charge «globale» du patient et de sa qualité de vie, ce qui passera par une meilleure prise en compte de la douleur, «davantage de coordination de l´ensemble des intervenants du soin et de l´accompagnement au domicile, en ville, à l´hôpital et dans les établissements médico-sociaux», mais aussi par une aide à la réinsertion du patient dans la vie.
Pamela Messi
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