Présentation - Problème d'alcool ? - Établir la relation d'aide - Le traitement, les soins  
 

• PROBLEME D'ALCOOL?

Que faire ?

Extrait de « la personne alcoolique », Henri Gomez , édition Privat.

  • Vous avez un problème d'alcool.

Il vous est possible de vous procurer le téléphone et l'adresse d'un mouvement d'entraide, des personnes parvenues au stade ultime de clochardisation ont su trouver la porte, vous pouvez y parvenir vous aussi. Inutile de vous faire accompagner par un membre entourage, faites le chemin seul, les bénévoles sauront vous recevoir.

Il est préférable d'en parler à un médecin. Si votre médecin est ouvert il saura vous guider.

Si manifestement il ne connaît pas encore très bien votre maladie, s'il vous recommande par exemple de moins boire alors que votre problème est précisément de ne pas réussir à limiter votre consommation d'alcool, changer de médecin. Vous irez le voir plus tard quand vous serez en mesure de lui apporter votre témoignage de nouvel abstinent. Il finirait par trouver un médecin qui accepte de comprendre votre maladie. Les malades alcooliques ne connaissent cependant pas toujours les bonnes adresses.

 

  • Vous êtes familier d'un alcoolique.

 

Accepter de sortir psychologiquement et, s'il le faut, physiquement de son univers d'alcool. Essayer de changer de regard, de ne plus le culpabiliser, tout en refusant de parler d'alcool. Si vous avez du mal à vous situer psychologiquement et affectivement consulter un groupe d'entourages. Trouver le moyen de lui donner un jour la possibilité de comprendre qu'il est la maladie et qu'il y a des solutions. Il faut du temps, de la patience, certes, mais vous n'avez pas à sacrifier votre existence pour son alcool : s'il abandonne à jour son vieux monde, il aura tendance à écarter ce qui en faisait partie. Soyez de son côté et pas du côté de l'alcool, si c'est à lui que vous tenez.

 

Si vous êtes médecin ou étudiant ou membre d'une équipe médicale et que l'idée de soigner les alcooliques vous plaît, n'hésitez pas à prendre la route, le travail ne manque pas.

 

Si vous êtes un simple lecteur , vous pouvez peut-être apporter quelque chose aux alcoolo- dépendants que vous rencontrerez : commencer par le regarder comme une personne en souffrance sans le mépriser. Vous devriez même éprouver de la sympathie et du respect pour lui, non pas en raison de son passé de souffrance (au diable l'apitoiement !) Mais pour ce qu'il va devenir quand il aura fait le choix d'une autre vie.

 

  • ETABLIR LA RELATION D'AIDE

À l'occasion de la première rencontre, il faut commencer à construire la relation d'aide l'un à côté de l'autre. Il existe des règles pour établir la confiance.

Il faut créer un rapport avec l'autre, l'inviter à s'exprimer (ce qu'il n'a pas fait, librement depuis longtemps).

Il faut respecter, ne pas mettre en doute et accepter ce que l'autre dit.

Il faut le regarder, lui porter de l'attention, lui faire dire ses centres d'intérêt, ses habitudes, son métier, son environnement, en un mot tout faire pour le connaître.

 

C'est dans ce climat seulement que le sujet peut percevoir qu'il présente l'intérêt pour nous, c'est une manière de lui envoyer des signes de reconnaissance, à partir desquels il va recouvrer une certaine estime de lui-même.

Cependant ce premier entretien n'est que le préalable à un long chemin ensemble. Il faut laisser le temps au temps et ne pas vouloir brûler les étapes d'un processus de changement qui ne peut s'opérer petit à petit que de la volonté du demandeur.

 

  • Le réseau thérapeutique.

Le malade est seul avec son mal-être, l'entourage culpabilise, atteint dans son intégrité est complètement dépourvu de connaissance concernant la maladie.

 

Il est capital que tous deux sachent qu'il existe de nombreux acteurs qualifiés et un réseau de solidarité qui peuvent leur permettre, au moment où il auront décidé, de sortir de leur silence, de leur isolement et d'entreprendre la bonne démarche, celle qui leur permettra ensemble de renouer la communication avec l'extérieur et se voir offrir le choix d'accompagnement et de soins indispensables pour retrouver santé et équilibre.

 

Parmi les acteurs de première ligne, on peut compter le travailleur ou l'assistante sociale souvent en contact avec les familles, qui auront tôt fait de déceler les véritables raisons du mal-être et sauront orienter vers :

 

  • le médecin de famille ou du travail, l'alcoologue qui par leur diagnostic découvriront les symptômes physiques et comportementaux qui ne trompent pas.
  • les mouvements d'aide dont les militants bénévoles sont, en général d'anciens malades de l'alcool, pour qui le parcours, le vécu, l'expérience de la maladie alcoolique représente la garantie d'un accueil sans jugement et d'une écoute qualifiée qui permettront de reprendre en toute simplicité, le dialogue si longtemps interrompu.
  • les centres d'hygiène alimentaire et d'alcoologie dont les équipes médicales sont parfaitement au fait de la maladie alcoolique et pourront offrir un projet thérapeutique au malade et à sa famille. Il est de fait que venir confier que l'on est malade alcoolique n'est pas facile pour le malade, non plus que pour la famille : admettre et reconnaître que l'on a un alcoolique en son sein.

 

Les différents intervenants qualifiés ci-dessus sont là pour que l'on puisse oser venir leur en parler et qu'en toute confidentialité puisse se mettre en place un projet commun qui permettra de chercher ensemble des solutions.

 

 

 

 

  • LE TRAITEMENT, LES SOINS.

 

L'alcoolique est un malade mais ce n'est pas un malade comme les autres.

 

En effet, autant sur un diagnostic, des examens des analyses le médecin peut décider d'envoyer son patient prendre les eaux pour soigner ses rhumatismes ou changer d'air pour ses poumons, il ne peut malheureusement rien pour le malade alcoolo- dépendant dans le déni. Ce n'est que lorsqu'il se rend compte que sa maladie a atteint un stade grave et qu'il ne peut plus s'en sortir seul qu'il lancera l'appel au secours et c'est seulement à ce moment-là, sur sa seule décision que l'on pourra dialoguer, chercher avec lui parmi les options qu'on lui propose qu'elle est celle qu'il va choisir.

Dès lors que le projet thérapeutique aura été élaboré, en confiance, entre le médecin et le malade, plusieurs solutions sont envisageables.

 

  • le traitement ambulatoire, formule que préconisait le Dr Daniel Champeau, dès les années 50. Il offre au malade de rester dans son milieu familial et même à son travail après une courte période de sevrage (3 à 5 jours) en suivant un traitement de réhydratation quotidien pendant huit à 10 jours et un suivi médical deux à trois fois par semaine avec son médecin traitant, où le C. H. A A de son secteur.

Ce traitement médical léger s'accompagne de fréquentation régulière d'un mouvement d'anciens malades avec lequel le patient peut s'exprimer en groupe de paroles, retrouver la communication et reconstruire avec ses nouveaux amis ce que sera sa nouvelle vie de famille, de travail, de loisirs.

C'est un moyen simple qui ne rompt pas avec l'environnement et qui demande de la part du malade beaucoup de détermination et de persévérance et beaucoup de connaissances, de compréhension de la part de l'entourage.

Les mouvements d'aide pratiquent ce genre de traitement, de préférence à tout autre lorsque c'est possible et obtiennent de très bons résultats en collaboration avec le médecin.

 

Certains hôpitaux offrent le même traitement dit « l'hôpital de jour », mais souvent l'état d'alcoolisation du consultant est très ancien et grave et nécessite un séjour dans un service hospitalier spécialisé, qui pratiquent des traitements de court séjour (entre huit à 10 jours) ou des centres spécialisés dans lesquels la durée du séjour est, en général, de quatre semaines.

 

Il existe maintenant un grand nombre de services spécialisés dans les centres hospitaliers et un choix un peu plus large de centres spécialisés ou les délais d'admission sont cependant assez longs. De toute façon sauf accident physiologique grave, delirium par exemple, il n'y a pas d'urgence véritable pour un alcoolo- dépendant depuis de nombreuses années, sa réflexion dans l'attente ne peut être que bénéfique à sa décision de se soigner.

 

Compte tenu des situations familiales quelquefois conflictuelles, l'éloignement du malade pour son traitement est favorable à une cure de réflexions dans un autre milieu, confronté à d'autres malades dont les témoignages lui permettront, pendant les thérapies de groupe, de découvrir que son alcoolisation n'avait que peu de fondement comparé à des situations quelquefois beaucoup plus traumatisantes que la sienne.

Ces séjours qu'ils soient hospitaliers ou en établissements spécialisés, sont basés sur une courte période de sevrage physique avec un traitement médicamenteux très léger, une semaine, et une période de travail psychologique de groupe permettant au sujet d'exprimer librement tous qu'il n'a pas pu dire tout au long de son alcoolisation et en découvrir l'origine.

Le traitement est complété par des informations sur la maladie les risques de ré-alcoolisation, rechute, rencontré au retour de la vie active et l'élaboration du plan de la vie nouvelle qu'impliquera forcément le choix de l'abstention définitive.

 

 

 

 

 

 

 

 

sujet tabou

2 millions de personnes dépendantes

 

évolution des modes de consommation

Osons...

10 000 Bénévoles

45 000 membres